Un jour, j'avais cinq ans, j'ai dit à ma grand-mère : " Mémé, tu sais, j'aimerais changer le monde ".

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THEATRE HOMMES DE TERRE PRÉSENTE

 

PATRIMOINE DU GHETTO

Titre provisoire

Texte de SERGE KRIBUS

Nous sommes en train d'élaborer ce projet.
Nous contactons des partenaires.
Nous serons ravis de vous tenir au courant.

JUSTE QUELQUES MOTS...

Lorsque les forêts brûlent, il faut se souvenir des roses. L’enfant a le droit de vivre au présent.
                                                                                                                                                                                                    Janusz Korczak
 
Les contes sont comme les fleurs. Ils construisent des stratégies. Clairs, simples, ils séduisent, attirent et une fois leur proie prise au piège, ils déposent sur les cils du spectateur et de la spectatrice le pollen du mystère pour féconder son regard.
 
Raconter un conte. Inscrire ce conte dans une perspective historique et recueillir le miel des questions du passé pour nourrir celles du présent, voilà l’ambition de Patrimoine du Ghetto.
 
Regarder, écouter, explorer, voilà le désir et l’invitation du jeune Amal, le personnage du conte de Tagore. Regarder, écouter, questionner le monde et la nature humaine, qui se construit par le lien, l’échange, le désir, le langage, voilà l’enjeu. Observer l’enfance, tenter de comprendre ses besoins, ses aspirations, ses capacités pour mieux mesurer les névroses d’un monde adulte trop souvent irresponsable, infantile et destructeur, voilà l’essence de parfum que Tagore avait distillée entre les lignes de son texte, que Korczak avait recueilli et que nous souhaitons à notre tour chauffer et répandre. 
 
Portés et inspirés par les textes et l’esprit de Rabindranath Tagore et de Janusz Korczak, nous souhaitons faire œuvre théâtrale, fasciner, étonner, émouvoir et, sans renoncer à la complexité, nous adresser à tous les publics, faire apparaître les schémas qui nous empêchent et nous enferment dans le ghetto de la pensée pour illuminer les chemins possibles, rares, singuliers, lucides, bienveillants, malicieux, inventifs.
 
Le patrimoine du passé est la pulsation du présent. Il ne s’agit pas de devoir de mémoire. Il s’agit de la nécessité de raconter pour partager nos expériences et nos connaissances. C’est parce que nous écoutons des histoires que nous pouvons découvrir et mesurer la nature de la nôtre. C’est parce que nous racontons les nôtres que nous pouvons ressentir celles de l’autre. Loin de la haineuse et haïssable concurrence mémorielle, le récit pose l’expérience de chacun comme le patrimoine de tous.

Serge Kribus

Serge Kribus est né à Bruxelles en 1962. 

Premier prix du Conservatoire Royal de Bruxelles en 1985 et titulaire d’un Master en études théâtrales, Serge Kribus est auteur, metteur en scène, comédien et pédagogue. 

 

Il a écrit plus de vingt pièces. Il est l’auteur d’une dizaine de scénarios et écrit également pour la jeunesse. Il a reçu de nombreuses distinctions littéraires dont le prix de la Critique, le prix de la SACD Théâtre, le prix Lucien Barrière et plusieurs nominations aux Molières. Ses textes sont publiés aux éditions Actes Sud-Papiers et aux éditions de L’avant scène théâtre. Ils sont traduits et joués à l’étranger. Il a mis en scène plusieurs de ses textes dont le dernier Clara Haskil, prélude et fugue a été un grand succès public et unanimement remarqué par la critique. Comme comédien, Serge Kribus a joué dans une quinzaine de pièces. Il a tourné sous la direction de Tonie Marschall, Yves Boisset, Radu Mihaïleanu, Robert Guédiguian, Nina Companeez ou Pierre Salvadori. Depuis plus de vingt-cinq ans, il dirige des ateliers d’écriture destinés aux collégiens, aux lycéens et aux professionnels. Depuis 2011, il dirige également un atelier d’écriture pour les étudiants de la Sorbonne Nouvelle – Paris 3.

Janusz Korczak
Médecin et pédagogue à Varsovie, Janusz Korczak avait fondé dès 1913 un orphelinat qui accueillait et accompagnait les déshérités de la vie dans leurs épreuves. Il les observait, les écoutait, tentait de les comprendre et travaillait à leur donner les moyens de vivre et d’accéder à l’autonomie. Son travail et ses audaces novatrices en matière de pédagogie ont permis à des centaines d’enfants d’échapper à la misère et de se sentir, même dans des circonstances terribles, considérés, respectés, aimés, joyeux, humain.
 
Confronté à l’élimination programmée du ghetto de Varsovie par les nazis, à la déportation de tous ses habitants et, en l’occurrence, de l’orphelinat qu’il dirigeait, Korczak n’avait aucun doute sur l’issue des opérations en cours. Les résistants connaissaient depuis longtemps la réputation de l’homme et son travail. Jusqu’aux derniers instants, ils ont réitéré leur proposition au vieux docteur, l’exfiltrer du ghetto, du pays et le sauver. Jamais un seul instant, Janusz Korczak ne songera à abandonner les enfants. Korczak n’a pas choisi de mourir en martyr, il s’est simplement tenu aux côtés des enfants, comme tout au long de sa vie, et a cherché  à les aider à affronter les difficultés.
 
L’ambition de Korczak rejoignait celle de Tagore, regarder les évènements dans les yeux et nommer la vérité qu’ils considéraient l’un et l’autre, non comme un fardeau à craindre ou cacher mais, au contraire, comme l’une des ressources vitales de nos existences, comme la source de nos récits, de nos savoirs, de nos connaissances, nos choix, nos émotions, comme un bien commun à partager, et probablement comme l’antidote à la peur qui nous empêche et nous entrave bien davantage que les entraves du monde. 
 
Mais, face à ces difficultés là, face à l’injustice, à la brutalité et à la fin proche et inéluctable, comment parler de la vérité, comment parler la vérité comme aurait dit Françoise Dolto ? 
 
Pour Korczak, à ce moment là, pour lui-même, pour les enfants aux côtés desquels il vivait et pour lesquels il vivait, là, au cœur de la tourmente et du désastre qui ne laissaient aucun espoir et aucune perspective autre que la mort, la meilleure façon d’exprimer la vérité était de proposer aux enfants la pièce de Tagore dans laquelle il avait senti le pouvoir poétique qui nomme le réel, soigne et apaise les tourments du corps et de l’esprit. 
 
Ce qui contraint la vie et la limite peut, parfois, étrangement, l’illuminer.

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