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FABIENNE HUYGEVELDE

 

PARADIS PERDU

Lithographies_Gravures_Mannequins 

 

Simplement, je dessine dans un carnet. Compagnon de route quotidien, il change de visage au grès de mes besoins. Pense bête, réserve d'idées, conseils glanés ici ou là, carnet intime parfois, je le leste de trésors partageables et à travers lui, j'emporte qui je suis.

Depuis un moment, l’histoire du couple originel s’invite comme un refrain entêtant et m’impose alors de dépasser l’esquisse par la gravure.

«La femme vit que le fruit de l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence; elle prit son fruit et en mangea, elle en donna aussi à Adam, qui était auprès d’elle, et il en mangea.
Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus.»

«Paradis perdu» aborde la question du commencement de l’huma- nité, la légende populaire d’Eve et d’Adam. Précisément, l’instant de la faute et l’accusation originelle de la femme d’être curieuse, clairvoyante et libre. Est-ce une faute ? la première femme avide de connaissance est-elle seule coupable d’avoir fissuré l’unité du monde ?

Lâche, Adam désigne Eve comme la responsable mais elle proteste toujours et encore de nos jours.

Les eaux fortes et les lithographies exposées montrent leurs figures et le mythe originel du péché; elles tentent de retrouver une fraicheur et une naiveté du trait primitif italien par lequel la forme est habitée.

Explulsés du jardin d’Eden, assujetis au travail, l’un soumettant l’autre, Eve se disloque et Adam s’embourbe.
Premiers pécheurs, ils s’avancent titubant sur le chemin de l’éxil et entament la longue errance de l’humanité livrée à elle-même. Le premier couple reste pourtant le symbole d’une humanité nouvelle, celle qui annonce et engendre la renaissance, celle qui peut enfin dé- jouer la malédiction divine.

Fabienne Huygevelde vit et travaille dans la région parisienne. Après avoir terminé ses études à l’école Duperré, elle se consacre à l’enseignement des arts appliqués pour les étudiants en métier d’art et design. Agrégée en 2015, elle forme ses collègues aux concours d’art appliqué et conçoit pour les adultes des ateliers mobiles de création artisanale. En dehors de la pédagogie, elle cultive son métier des arts visuels par une pratique aussi bien diversifiée que maîtrisée. Le graphisme, la peinture, la gravure, la lithographie, la fabrication de papier washi et les techniques d’impression textile fondent ses compétences professionnelles de graphiste free-lance et lui permettent aujourd’hui de partager son univers de création.

Fabienne aborde la pratique du dessin comme l’étape fondamentale qui dévoile la génèse d’un projet plus vaste.
Sous forme de rêves, d’esquisses, de gribouillages, le carnet récolte ses pensées «vagues» et vivantes qui échappent d’abord au dessein.

Puis lorqu’elle le choisit, la figure graphique se précise et de- vient le projet d’une interprétation subjective, un récit mytholo- gique gravé. Le visage est pour elle le plus beau moyen d’expres- sion. Les masques d’humanité de i’iconographie biblique peints par Giotto nourrissent cette prédilection pour la figure humaine et sa mélancolie souriante.

Au commencement était la nuit, l’immense noir des origines, et c’est en sortant des ténèbres que la vie a pu prendre forme. Pour Fabienne, l’atelier de gravure ressemble à une caverne infernale. Tout est noir, sombre, gras et plus ou moins visqueux. Tout sauf le papier qui au contraire, avant d’être imprimé, est d’un blanc immaculé. Le carborumdum est un limon fertile et la technique de la manière noire dévoile la figure virginale de la nuit ambivalente. Ainsi la blancheur de la feuille de papier et le noir boueux de l’encre se marient dans l’équilibre des contraires.

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